Brésil : portrait d'un géant

Face à ses voisins de l’Amérique latine, le Brésil fait figure de géant de par sa superficie, sa population et la vitalité de son économie. Fort de ressources naturelles abondantes, d’un marché intérieur vigoureux et d’une main-d’œuvre dynamique, le Brésil a très peu ressenti les contrecoups de la crise économique mondiale des dernières années et fait partie des premiers pays à afficher des signes tangibles d’une reprise.

Sa croissance solide et ses hauts taux d’intérêt attirent d’ailleurs beaucoup d’investisseurs étrangers et le fonds monétaire international (FMI) classe le pays au 7e rang sur le plan économique, étant responsable à lui seul de 3,3 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Seul le spectre de l’inflation, qui a progressé de 7,3 % en 2011 (notamment dû à la forte demande intérieure), vient porter ombrage à un portrait économique plutôt optimiste.

Les secteurs porteurs

De manière générale, les importations de marchandises au Brésil ont connu une forte hausse en 2010 (+43,2 %), les principaux biens importés étant les produits manufacturés (75,9 %). Ce marché effervescent offre de nombreux débouchés pour les entreprises d’ici, comme en témoigne la croissance des exportations canadiennes de biens et de services vers ce pays. Le Québec en particulier se montre très actif sur le marché brésilien, assumant à lui seul plus du tiers des exportations canadiennes y étant destinées. « En 2010, le Brésil a atteint le 7e rang des pays de destination des exportations du Québec, ayant même dépassé le Mexique comme principal client du Québec en Amérique latine. » En 2010, les exportations québécoises vers le Brésil ont atteint 885,5 M$, une hausse de 77,7 % par rapport à 2009. Il s’agit donc d’un marché d’exportation émergent parmi les plus prometteurs.

Secteurs attrayants pour les entreprises d’ici

En 2010, les produits québécois à destination du Brésil comptaient principalement des produits de pharmaceutique (vaccins), du papier, des alliages d’aluminium, des avions et des aéronefs ainsi que des turbopropulseurs. Outre les produits en provenance du Québec, le Brésil a importé une grande quantité de machinerie, de pièces automobiles et d’équipement électronique.

Les secteurs les plus attrayants pour les entrepreneurs québécois demeurent les services pétroliers et gaziers, les équipements et les services miniers, les télécommunications, l'automobile, l'énergie et l’environnement. Exportation et développement Canada (EDC) en cible quelques autres qui semblent prometteurs, notamment l’aéronautique, la foresterie, la santé, la pharmaceutique, le génie civil, le transport, la géomatique ainsi que l’agroalimentaire. Le secteur de la photonique, qui constitue une industrie naissante au Brésil, semble aussi offrir de belles occasions d’affaires.

Le secteur énergétique

Tout en se classant au 10e rang des producteurs d’électricité mondiaux avec sa capacité de produire 461 TWh, le Brésil doit tout de même importer annuellement quelque 39 TWh complémentaires du Paraguay pour combler la demande intérieure. Les secteurs industriels et des services, qui se trouvent en pleine croissance, viendront ajouter encore plus de pression sur les besoins énergétiques du pays. La Société brésilienne de recherche énergétique estime que la production d’énergie devra être bonifiée de 63,5 % sur six ans afin de répondre à la demande, et évoque la nécessité d’investir 100 milliards $ US dans de nouveaux projets.

Le secteur du transport

En raison de l’étendue de son territoire et de la concentration de la population urbaine, les besoins en matière de transport sont au centre des préoccupations pour les instances brésiliennes. Aussi, le rôle économique dominant du Brésil au sein de l’Amérique latine et du Mercosur justifie des investissements massifs dans des infrastructures routières (de nombreuses routes ne sont pas pavées), dans des ports maritimes et dans des aéroports capables de soutenir l’accroissement du trafic aérien lié au transport de marchandises. Plusieurs projets de modernisation des aéroports du pays, dont celui de Congonhas-São Paulo, sont financés par le Programme d’accélération de la croissance de l’État. Et pour répondre au volume croissant de passagers, les compagnies aériennes prévoient acquérir plus de 400 aéronefs au cours des 20 prochaines années.

Le secteur de l’aérospatiale

Le marché de l’aérospatiale est très dynamique au Brésil, où œuvre d’ailleurs Embraer, l’une des compagnies les plus performantes et concurrente de Bombardier. On dénombre 500 sociétés impliquées dans la construction d’appareils à réacteurs et le secteur emploie environ 50 000 personnes. Les marchés potentiels pour les équipementiers comprennent les moteurs, les logiciels et les instruments d’avionique, les matières premières (matériaux composites, aluminium, textiles) et les unités électriques.

Les enjeux environnementaux

Le Brésil participe activement aux négociations concernant les changements climatiques et s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 36,1 % à 38,9 % d’ici 2020. Il existe donc une foule d’occasions pour les entreprises qui œuvrent dans le secteur de l’environnement ou qui offrent des solutions visant les économies d’énergie. La protection de l’environnement et le développement durable s’avèrent en effet des avenues intéressantes à considérer, d’autant plus que le Brésil multiplie les efforts pour freiner la déforestation sans nuire à la croissance de l’agriculture.

Obstacles au commerce

Puisqu’il n’existe pas de traité de libre-échange entre le Canada et le Brésil, les échanges commerciaux peuvent sembler relativement complexes. Par exemple, les produits importés au Brésil sont frappés de trois taxes distinctes (l’impôt sur les importations, l’impôt sur les produits industrialisés, et l’impôt sur la circulation des marchandises et des services, qui varie selon les États). Les droits de douane se situent entre 14 % et 17 %, auxquels on ajoute les deux autres impôts, ce qui augmente considérablement le cout des exportations vers le Brésil.

Conseils Pratiques

La connaissance du portugais constitue un atout. À défaut de pouvoir produire sa documentation dans la langue officielle du pays, il est préférable de la fournir en anglais plutôt qu’en espagnol.


Les entreprises exportatrices devraient idéalement travailler en lien avec un représentant local bien informé.


Les partenariats avec des entreprises brésiliennes facilitent l’accès au marché.


Adresses utiles

Direction Amérique latine, Afrique et Moyen-Orient (DALAMO)
Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation
1 866 680-1884

Consulat général du Canada
Av. das Nações Unidas 12901
Cenu Torre Norte, Andar 16
CEP 04578-000 São Paulo - SP, Brésil
Tél. : +(55 61) 3424-5400 poste 3266/3261

Bureau du Québec à são paulo
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São Paulo - SP, Brésil
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Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Sources : CIA World Factbook; MDEIE, « Note sur l’économie et le commerce au Brésil »; ministère des Relations internationales du Québec, « Brésil – Principaux secteurs de collaboration »; World Bank, « Brazil Country Brief »; Exportation et Développement Canada; Affaires étrangères et Commerce international Canada, « Profil du secteur du matériel et des services d'énergie électrique – Rio de Janeiro, Brésil »; The Rio Times, 12 avril 2011, « Brazil Faces 2014 Infrastructure Race ».

 

1 Ministère des Relations internationales du Québec. 2011. « Brésil – Principaux secteurs de collaboration ».